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Publié par Michel Castanier

La merveilleuse Autobiographie
Michel Rouquette

 

 

Quelque chose comme ça ?

 

L’Impeccable, prix Auguste, sex-symbol, se fout-il de la tête de nous ?

Nous avons décidé de fouiller ce que le Bienheureux appelle « mon petit bonheur-du-jour » : son blog. Ses contes. Ses romans gris. Ses romans parallèles. Sa pseudo autobiographie. Ses articles. Il y a dans ce gourbi des choses pas raisonnables, des étrangetés de filou, on pressent le double sens, la manip, la brûlure du second degré.

Nous sommes allés en cortège interviewer cet homme peu ordinaire.

      

 « J’écrivais hier une présentation de mon travail.

(Il se tapote le bout du nez, toussote, lit d’une belle voix douce)

« Mes histoires sont des sœurs siamoises qui se tiennent par la hanche, par un pied, par le haut du crâne, par la paroi du cœur. Mon blog est la baraque foraine où est exposée cette créature et sa nichée de phénomènes farfelus et pathétiques.

« Quelque chose comme ça…

« Le soir même, je rêvais de Dieu confronté à un de ces monstres de foire aujourd’hui médicalisés dans des cliniques secrètes. La confrontation était morose. Ni le dieu ni ses créatures n’en étaient enchantés. Mon rire m’a réveillé. La Création était-elle un coup de dés génétique ? La création littéraire un ricochet sur la face obscure des eaux ? On rirait à moins. »

 

On s’entreregarde avec grand embarras. L’Impeccable, prix Auguste, ami du sexe rusé, peine à nous distinguer de si haut, chausse ses lunettes d’astrophysicien.

 

« Faisons simple. J’ai horreur de l’esprit de sérieux. Je ne vais pas prétendre savoir ce que j’écris, pourquoi j’écris, à peine comme j’écris. Je n’ai aucune théorie littéraire d’où jucher mon derrière et juger de tout et de rien. Je fais ce que je peux du mieux que je peux, et le mieux est encore de donner une petite idée de ce qui se passe, plus ou moins, dans certaines de mes histoires.

 

1. Les histoires siamoises

 

Tout ce que je sais d’Emma est le récit de ce qu’a de singulier une correspondance amoureuse sur les réseaux sociaux : un labyrinthe dans des labyrinthes ? Ou la seule rencontre possible ?

 

Le Monde flottant décrit ce qui n’est pas du domaine des habitudes mais du monde antérieur créé par les dieux : le pays de Siphonette, nymphe des bois et des eaux, est le dépaysement. Achille, apprenti funambule maladroit, le parcourt de vertige en vertige. Territoire excentrique d’îles, de tours, de chambres et d’antichambres qui sont autant de chausse-trappes et de doubles fonds symboliques – la Géographie énigmatique a des interstices, des sortes de jours ou de clairevoies par où se dit le retour des amours d’Emma. Une immense parabole du désir inassouvissable.

 

179 Autoportraits. L’appel désolé à Emma se poursuit en se fragmentant dans les voluptés de la mélancolie. Dans cette absence de système le récit fragmenté est ouvert car rien ne peut le fermer, c’est dans son principe, cela ne va pas sans angoisse, cette vie à l’air libre. Ainsi certains bébés naissent sans calotte crânienne. Le cerveau à découvert. Soumis aux vents, au froid, à la peur.

 

La fragmentation s’accélère et un immense bloc d’aventures se détache, où se dit une très grande agitation éperdue et dans tous les sens d’êtres qui nous ressemblent : Le Cercle des Explorateurs Enthousiastes.

 

 

2. Les Phénomènes.

 

Ce sont les multiples petits hommes gris, bavards, hébétés, tournant en rond dans une vieille cité romaine :

 

Monsieur Hortense. On ne sait trop qui est monsieur Hortense, lui-même n’en est pas bien sûr. Que fait-il, assis à une terrasse de café dans une ville de province, observant jour après jour la vie des occupants d’un immeuble ? Pourquoi suivre une jeune artiste plasticienne qui finit par lui demander de la suivre parce qu’elle se sent suivie ? Pourquoi un certain Théodore Williams sort-il au matin, un nez rouge de clown sur le nez, une canne au bec d’ivoire à la main – alors qu’il est mort et enterré ? Monsieur Hortense se lit comme on mange des petits fours. Il s’y tient un salon de thé où certaines douceurs sont empoisonnées.

 

Victor Redon, une famille recomposée. On a perdu de vue Victor Redon. Son épouse, sa mère, ses amis, ses collègues, s’étonnent. L’homme n’a rien de remarquable, et ce serait peut-être une explication. Elle ne satisfait pas Robert, du Bureau d’études, qui part à la recherche du disparu avec une méthode bien à lui.

 

7 doigts est le récit des évènements épouvantables qui affectèrent une petite ville du Midi. Les habitués du Bar des Beaux-Arts, place aux Herbes, commentent ou se perdent en digressions oiseuses – l’un d’eux serait-il concerné ? Le récit, légèrement désaccordé, rend un son un peu grinçant et le grand nombre de personnes qui y meurent a quelque chose de petites fausses notes.

 

Lire tue : un bibliothécaire découvre parmi ses subordonnés cette Créature extraordinaire : un écrivain. Ou un abominable assassin en série ? Il n’aura de cesse d’enquêter parmi d’innombrables manuscrits. La lecture comme expérience, comme épreuve existentielle – mais tordue, partie en vrille, hallucinée dans un monde clos.

 

La vie au cimetière. Ce récit parfaitement lugubre ne quitte pas les limites d’un étrange cimetière. Par respect pour les morts il convient d’écrire à voix basse et de garder un rire discret. Contemplons, désœuvrés, ces bois, ces tombes, ces feuillages immobiles, ce temps paralysé, le temps de la nécropole. Un chat se faufile, un lézard dort, une araignée attend. Fleurs, vitraux et ossements – est-ce la Ville qui rêve le cimetière ? Est-ce le cimetière qui rêve la Ville ?

 

 

Les 2 contes.

 

La Geste du potager est un conte horticulturel. Arthur, mis à l’épreuve du Lit périlleux, connaît la mémorable aventure du Concombre récalcitrant et triomphe dans la guerre du Persil. Pourtant, le jeune homme ne sait encore rien de la face obscure du potager.

 

Catalogue raisonné des tableaux vivants de Jean Beethoven, peintre naïf. Un peintre est amoureux d’une fillette qui est amoureuse du peintre – à moins que ce ne soit l’inverse. Qu’il aille de soi pour les âmes sensibles que le peintre est amoureux de la fillette qui est dans la femme qu’on aime.

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