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Publié par Michel Castanier

satire comédie littérature

 

Vie de Gertrude, la Femme fatale

 

Née à Béthune, dans le Pas-de-Calais, Gertrude N. prend con­fiance dès son plus jeune âge dans ses possibili­tés et con­vainc son entourage que son entreprise est parfai­tement réa­liste.

Cette autodidacte a de solides convictions religieuses, un pragma­tisme féminin ancestral et une science certaine de la rô­tisserie. Ac­compagnée de sa tante et de ses femmes de chambre, elle gagne la ca­pitale où ses délicieux petits pâtés en croûte as­surent sa réputation. Trois mois après son amé­nage­ment dans une rue discrète de Saint-Germain-des-Prés, elle est l’épouse du vicomte de Bombal, proprié­taire d’une mine de diamants sud-africaine qu’il perd au cours d’une partie de po­ker par une nuit bien parisienne.

Gertrude rencontre peu après la disparition du vicomte un po­tentat oriental, très attiré par ses délicieux petits pâ­tés en croûte. Cette rela­tion tumultueuse et la disparition du nabab après leurs noces au Lich­tenstein font les beaux jours du Fau­bourg, friand de potins et de petits pâtés (en croûte).

Le baron Spix garde du beau métier de baroudeur sur les bords du Tigre un bandeau noir sur l’œil gauche. Ce gour­met raf­finé est vu pour la dernière fois au début d’un des hi­vers les plus froids qu’ait connu la capitale. On chauffe beaucoup chez Gertrude qui est très fri­leuse. 

Fort amoureuse d’un accordeur de pianos aveugle, elle s’égare tout un printemps, mais se ressaisit sous la pres­sion af­fectueuse de sa chère tante et de ses femmes de chambre. Ger­trude multiplie alors les ma­riages, et ses déli­cieux petits pâ­tés en croûte auraient sans doute connu un succès sans précé­dent si elle n’avait eu un accident de chaufferie, et dû re­joindre précipi­tamment les rangs du se­crétariat où son vi­sage flouté at­tire nombre de cu­rieux à la verrière de son bu­reau d’assistante de direction.

Laissons ce pro­blème délicat auquel il sera sans doute fait jus­tice au jour du Jugement dernier.

 

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