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Publié par Michel Castanier

roman humour comédie satire sotie
[L’image est de Michael Sowa]

 

 

La Télévision comme Thérapie


 

Nous chuchotions, monsieur Eros et moi-même, front contre front, dans l’arrière-salle d’un bouge louche, à l’écart de nos bars favoris et d’à peu près toute civilisation.

De l’amour à touche-touche on est passé assez vite à l’amour au coupe-coupe.

Sic transit gloria mundi.

Si tu veux.

Rompre ! Rompre avec soi-même, sans complaisance, avec une netteté chirurgicale.

Les premiers efforts incontesta­blement vio­lents, brutaux, un exer­cice austère.

De l’hygiène, une gym­nastique quoti­dienne, soute­nue, une discipline de fer.

Il m’est venu à ce su­jet l’idée d’une activité d’une grande intensité et qui convient. Imagi­ne un homme, de surcroît céli­ba­taire…

Ou divorcé !

– … qui saute de son lit au matin. Le voici seul avec une pensée. Elle est la seule - on en a rarement beaucoup - et les jours sont si longs quand on est triste. Il se tient droit dans son corps, bien que son corps assis soit légèrement infléchi vers l'avant - là où est posé un poste de télévision.

Ah ! S’abîmer en boucle dans des heures et des heures de télé-réalité où le risque des évènements qui vous man­gent l’âme est plutôt réduit, ce se­ra une remise en forme to­nique, la santé par le temps qui passe, les res­taura­tions de l’oubli mé­thodique !

Il est peu probable qu’il y soit jamais ques­tion des dîners en ville chez Solange Crépon.

Pas plus que de voyages de noces au Groenland.

C’est ainsi qu’un rudimentaire aurait qualifié de « journée de merde » ce qui sera de l’or.

Disons du plaqué or, non ?



 

Un dieu obscur


 

Un dieu obscur – qui a pris la forme du décourage­ment – se coule délicatement, trois pattes après trois pattes, sur la pas­se­menterie des tentures blanches au merveilleux lit à bal­da­quin de l’amour.

L’amour induit une certaine égalité entre les amoureux. D’où leur aptitude à la sincérité, vertu autrement dangereuse dans les hiérarchies. Parfois cette rémission dure une nuit, à d’autre fois elle est la découverte d’une vie. L’insincérité et son cortège (omission, mensonge pieux, phrase-valise, etc.) annonce que des inégalités se font jour et que les amoureux sont veufs de leur amour.

Suivons sur le chemin du cimetière un petit cercueil où est le salon de thé et ses souvenirs heureux, ses petits fours et ses douceurs empoison­nées.


 

[à suivre]


 

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