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Publié par Michel Castanier

[Van Gogh]

 

 

 

Je peine à regarder plus de quelques kilomètres de pellicule en strea­ming ou en CD. C'est comprendre assez tôt de quoi il s'agit, com­ment c'est fait, où ça va et combien c'est interchan­geable avec tant de films. J’aime que chaque plan soit une idée. Assez rare. 

De plus, j’ai mes manies, j’ai horreur de l’action, accélère les scènes agitées (bagarres de saloon, mitraillades nourries, écroulements de buildings, courses-poursuites frénétiques, activités sexuelles diverses) : il ne reste plus grand-chose de substantiel. Autant regarder du Tarkovski.

Sans doute un désavantage de l'âge, l’égarement de « l'inno­cence » insouciante et un sentiment d'urgence qui ne permet plus de perdre son temps, bien qu'aux moments de luci­dité, je ne vois pas ce qu'il y a de mieux à faire. 

 

Grand-père avait trouvé la solution à mes incontinences d'enfant : alors que nous étions au cinéma et que le film devait le passionner, il me faisait pisser dans sa chaussure - qu'il remettait ensuite.

Ah ces cinéphiles acharnés - contempteurs de la réalité si pénible !

 

Mettons, le péplum de Kubrick – Spartacus. Il y a des figu­rants, chômeurs, intermittents ou indigènes – il y a de l'hu­main. J’ai aimé les hommes, même si je n’en ai pas l’air, leur pré­sence m’assure de la mienne.

Après avoir été effrayé que des stades entiers de « vrais gens » figurent à eux tous des visages moustachus de dictateur, des drapeaux natio­naux ou des slogans idiots (Que c’était triste ! Ils coopé­raient à l’effacement de leur infinie singularité–  c'est à présent une nausée qu’une foule d’individus soit remplacée par un agglomérat de pixels.

Non que je sois un compatissant ami des « gens » (comme dit ignoblement le politicien Merluchon : bonjour les gens !) : en m’égarant dans un film où la réalité des êtres et des choses est incertaine j’ai simplement l'im­pression d'être infantilisé par un univers qui subit une grave perte de substantialité – l’équivalent du monde océanique de bébé.

 

Il n’empêche, n’étant pas à une contradiction près, je raffole de la 3D et n’aurais aucun inconvé­nient à regarder un match de football en hologra­phie dans mon tombeau en compagnie de Blaise Pascal. Ce n’est que du divertissement ? Pourquoi pas, Blaise ? De l’ecstasy et des jeux. Passe-moi le joint.

 

Une cure purgative du Voleur de bicyclette est forte­ment recommandée.

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