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Publié par Michel Castanier

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Mardi 2 janvier

J’ai bien souvent l’impression que mes amis entretien­nent leur conversation (leur monologue) comme ils le font de leur voiture dans le jardin, week-end venu, dépous­siérant, savonnant, shampouinant, rinçant, séchant d’un tissu fin.

Une sorte de maintenance de leur vocabulaire, en somme.

Un des rares bienfaits du confinement était qu'il m'épargnait d'attendre que les autres aient fini de poncer leur auto pour lan­cer ma Rolls Royce sur la piste. J'en connais que rien ne peut arrêter dans cette voie de garage qu'est le Bar des Beaux-Arts où nous nous tenions tous pour l’apéritif à la Belle Époque, l’un d’eux en particulier toujours en roue libre, mais dans une 2cv. 

Et bien, pourtant, malgré leur manie de répéter intermi­nablement le même propos sans intérêt qui ne sert qu'à af­firmer qu'ils existent, s'il arrive une mauvaise nouvelle pour l'un d'eux, je tremble pour lui. On pourrait s'extasier sur la bonté, mais non, nous sommes simplement des ber­gers les uns pour les autres – et la psychologie a des pro­grès à faire.

 

Je ne mens pas, je ne mens pas – autant par respect de mon interlocuteur que par idée de soi. Je conçois que le menteur croit s’amuser beaucoup, s’il n’est pas obligé au mensonge, mais il se condamne à un monde pauvre et sans issue parce que sans limite. Si l’imagination n’est plus une richesse, elle n’est que l’occasion d’une déperdition de soi : le menteur se vêt d’un habit de lumière alors qu’il se dénude et ne laisse à son interlo­cuteur que des loques.

 

 

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