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Publié par Michel Castanier

 

 

Loch

 

Nous voyons ce que nous attendons à voir. De par notre culture, notre héritage familial, notre expérience et nos conditions historiques. Ainsi ne voyons-nous rien de neuf.  

Il arrive des déchirures dans cet écran. La fatigue, le stress, la drogue, un accident, un évènement. Nous remontons assez rapidement notre lunette d’astronome. Jamais assez vite pour n’avoir pas aperçu le trou. Nous le comblons de ce que nous savons – tapissage rationnel ou rapiéçage désordonné – mais le souvenir du trou nous rappelle que nous ne verrons jamais l’entièreté de ce qui est à voir dans un monde polymorphe où nous sommes un infime microscope.

C’est ainsi que j’ai vu un kraken dans ma baignoire.

Le miroitement de l’eau est le lieu par excellence des mirages.

 

 

Il m’a été dit que j’avais eu et que j’avais une vie extraor­dinaire. J’en suis surpris. Je ne me suis aperçu de rien. Faut-il croire que des existences soient si pauvres que la mienne puisse paraître si peu commune – ou du moins chanceuse ? Prêtent-elles au peu que j’en dis, ou qu’elles en constatent, une aura où je ne me reconnais pas mais qui est nourrie de leur peu de vie ? Je conçois alors la banalité d'être Savonarole et com­bien Nabuchodonosor pouvait mourir d’ennui.

Ainsi est-il connu que les canards me parlent dans le canal des jardins de la Fontaine, mais, que je sache, je n’ai jamais parlé au moindre canard. Il se peut simplement que la pierre de touche d’un vocabulaire suscite des mirages.

 

 

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