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Publié par Michel Castanier

[Dehn Sora]

 

2

 

je me suis résolu au cours des ans à choisir entre di­verses opi­nions celle qui conviendrait le mieux à la sensibi­lité du moment mais sans la soutenir d’une foi excessive

c’était là une forme de politesse

la politesse comme une forme de garde haute

D’ailleurs peu importe nous ne nous écoutons pas les uns les autres ré­pondons au jugé à l’estime tenons pour acquis ce qui va être dit en venons déjà à nos propres soucis soucis contre soucis semis de sou­cis les terrasses jaunes de la Méditerranée

 

 

« Voici un peu d’agitation : les deux amis qui traversent le square Antonin en se disputant se disputent de­puis leur jeu­nesse. Ce com­bat sin­gulier n’a pas de fin, peut-être les main­tient-il en vie, ou leur laisse croire qu’ils sont encore en vie. Ce sont deux cerfs. Des amis sans amour. Des co­lères.

Pen­dant com­bien d’années ont-ils affron­té leurs an­douil­lers, piétiné les buissons autour d’eux, fait vo­ler les feuil­lages sans jamais pou­voir s’éviter dans leur pe­tit bosquet ?  Errant par les rues de leur ville na­tale, coude à coude, ou s’as­seyant à une ter­rasse de bistrot, front contre front, ils ont des forces égales et les essaient l’un sur l’autre sans réussir à rompre l’assaut. Ils seraient des che­valiers défendant un pont s’ils avaient d’autre Cause qu’eux-mêmes et s’il y avait un pont qui garde le château de la Vérité. Chacun donne des preuves de sa bonté, chacun en dénonce l’absence chez l’autre, chacun rit des tares de l’un, ce sont les mêmes, chacun dit la cruauté du compère, elle est iden­tique, chacun s’effraie de la violence de l’ami, ils la par­tagent. Les an­douillers se sont enchevêtrés les uns aux autres, et ces fous se poussent du front sans plus s’apercevoir que leurs bois sont pourris, leur front nu, leur vi­sage rouge. »

 

[à suivre]

 

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