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Publié par Michel Castanier

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[Man Ray]

 

 10

 

mais cela suffit ce pré­ambule explique amère­ment le contexte de l’épouvantable drame le dé­cor de la comédie l’atmosphère ex­trêmement réaliste d’une fin de vie

commençons par être nous-même

 

(À considérer avec mesure, quoique per­plexe, les activités humaines, une conclusion s’impose. On nomme amour bien des ar­range­ments.

J’y réfléchis, posé sur mon banc dans le bon air tempéré du square Antonin.

L'esprit de sérieux nous tue. Se mettre en couple est prendre une avance sur la mort. Un choix que je respecte, sans plus, chez les gens fatigués ou apeu­rés. Le mot d’amour est aménager des dispositions com­modes pour une sexua­lité confortable. En finir avec les angoisses de la chasse n’est pas né­gligeable. Rentrer bre­douille laisse évi­dem­ment sur sa faim, sans comp­ter les risques au retour, du gi­bier dans la gibecière : la proie n’est pas toujours une vic­time.

En revanche, le couple tient le corps à sa dis­position, qu’il range après usage – jamais loin, on ris­querait d’ou­blier où il a été mis et non plus de porter la main dessus sans même y avoir pensé. Tout foyer conjugal est une épicerie, plus ou moins fine. L’amour règle les sou­cis financiers, en les partageant il les diminue, il ren­tabi­lise l’in­vestisse­ment (ap­partement, voi­ture, compte commun, sorbets sans gluten). Cela s’ap­pelle un mé­nage et le ménage est la pas­sion des pu­blicitaires. Le grand amour est un petit com­merce.

Rien n’est réglé de la solitude essentielle, moins que ja­mais, du moins a-t-on à qui parler, du climat, des impôts, du métier, des mœurs des autres. On s’écoute à peine, se répond au jugé, on sait, on sait ce qui va être dit, ce qui va être ré­pondu, la vie commune est faite de pe­tites habi­tudes auxquelles on tient plus qu’à la vie, la moindre sur­prise – une réflexion inatten­due, un rire in­expli­cable, une idée – dé­solidariserait l’union et la disloquerait jusqu’à l’in­calcu­lable.

Une certaine perte de sens se fait jour ? Les enfants y re­mé­die­ront, on en fait sans trop savoir ce que c’est, ils occu­pent, ils dis­traient et ils sont un nou­veau sujet de conversa­tions, en at­ten­dant d’être la cause des plus grands sou­cis, et d’autres conversa­tions.

Une famille de gorilles serait plus sympathique – plus na­ture.)

 

[à suivre] 

 

 

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