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Publié par Michel Castanier

[Ursus Wehrli]
[Ursus Wehrli]

 

– Zéphira a mis un point final à ce qui peut être encore vécu d’inattendu, de réjouissant, d’éperdu. Je suis le seul qui s’intéresse encore à moi.

Je repère les fausses consolations, les illusions qui entre­tien­nent l’espoir, la trace des marques d’où chaque fois la douleur amoureuse prend son élan ; mais c’est à présent as­sourdi, éteint (en veilleuse). Je suis maintenu par des sangles au-dessus du Mal. J’accorde que mes souvenirs d’elle me cha­hutent encore. Le pire, le plus empoisonné, ce sont les attendris­se­ments. Je me souvien comment, d’attentions infimes en soins menus, ces soucis que j’avais d’elle et dont elle ne savait rien m’auraient amené à lui sacrifier tou­jours le meilleur de ce que j’avais ou que j’étais ; et donner le meilleur c’était l’aimer plus que mes Petits Musclés à la fraise des bois. Ce sont des accès ; mais je peux passer des moments de plus en plus longs sans pro­blème, oublieux ; une fois, ce fut au moins une heure.

Ce sont bien sûr des faiblesses qui tiennent à la solitude, qui sont pernicieu­ses et qu’on doit se refuser. J’avance pré­caution­neusement en moi-même, avec des lenteurs de con­valescent. Je ne veux pas être triste. Je ne veux plus souf­frir. Je n’accepterai pas que le moindre instant se perde en tris­tesse. Il me semble que mon pas s’est affermi au­jourd’hui.

De plus en plus je m’entretiens plus tran­quil­lement, plus diversement, de choses et d’autres, inno­centes – peaufiner, se répliquer, s’amuser, se promener, ne plus réclamer. Revenir enfin à soi comme un ballon d’hydrogène que rien ne peut couler qui refait surface que l’eau dandine flot­tant comme un léger rire et l’heureuse conclusion de tant d’apesanteur sera à nouveau cette activité perma­nente sans but sensé : une vie. –

 

[à suivre]

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